«Jeune femme dans un intérieur lausannois»

En octobre 2022, à l’occasion de la parution du récit Jeune femme dans un intérieur lausannois de Stéphanie Lugon aux éditions art&fiction, Céline Masson propose une lecture performée de ce texte au Musée Cantonal des Beaux-Arts à Lausanne.

Dans son récit, Stéphanie Lugon pose en regard contemporain sur la peinture de Charles Gleyre, Le coucher de Sapho (jeune fille dans un intérieur pompéien), et nous renvoie à nos considérations sur le corps des femmes. Comment nous regardons-nous? Quels sont nos outils de déconstruction sur nos propres corps? Comment sortir des réflexes intégrer autour de nos genres, de nos postures? Au fil de la narration, nous sommes plongés dans les réflexions de l’autrice qui déconstruit son éducation et nous questionne sur la nôtre.

L’intention de Céline Masson pour cette lecture performée, était de d’emmener, dès l’entrée du musée, le public pour une balade dans les salles choisies en fonction de la narration. Le public pouvait écouter le montage du texte que Céline Masson lisait par l’intermédiaire de casques. Son souffle était présent à chaque mouvement et montait en intensité à vis-à-vis de l’effort physique fourni.

Comme une entrée dans la narration du corps, Céline Masson, consciemment, fait déambuler le public à travers les dédales du musée, de ces escaliers vertigineux, pour éprouver physiquement notre entrée dans l’intimité du sujet. Elle a choisi de s’arrêter autour de plusieurs œuvres de la collection permanente, en échos aux sensations décrites. Après avoir enlevé sa veste qui dévoilait un Marcel, elle a sorti une paire de ciseaux d’une enveloppe pour découper ses pantalons. Cet acte faisait écho à une partie du texte où l’autrice propose une observation intime de son corps et fait part de ses réflexions liées à la consommation de celui-ci. L’acte de sortir une paire de ciseaux dans un musée défiait l’institution comme le texte défiais notre regard sur le corps. Comme un manifeste féministe dans une institution dans laquelle les femmes sont encore si peu représentées en tant qu’artistes, Céline Masson s’est approprié un espace vide et de passage, à l’image de la place des femmes dans le musée.

Crédits photographiques: Peter Wehkamp